TRACKER-1BETA
48.8566°N / 2.3522°E

Observations / Pollution lumineuse

Carte de la pollution lumineuse

Une carte interactive de la pollution lumineuse, en français. Repérez les zones de ciel sombre selon l'échelle de Bortle autour de votre position, puis ouvrez la carte en plein écran.

Chargement de la carte…

Pollution lumineuse & échelle de Bortle

L'échelle de Bortle mesure la qualité du ciel nocturne sur une échelle de 1 (ciel noir parfait) à 9 (cœur de ville). Plus le chiffre est bas, plus vous verrez d'étoiles, de galaxies et de nébuleuses. La pollution lumineuse des villes masque la Voie lactée et réduit considérablement le nombre d'objets visibles.

Analyse de la pollution lumineuse…

Comment ça fonctionne ?

Notre estimation de la classe Bortle lit directement les données satellite VIIRS 2024 (Light Pollution Atlas de D. J. Lorenz) à votre position GPS, les mêmes données que celles affichées sur notre carte de pollution lumineuse. La brillance artificielle réelle du ciel à vos coordonnées est convertie en classe Bortle (1 = ciel noir parfait, 9 = cœur de ville).

Pourquoi c'est important ?

La pollution lumineuse ne se contente pas de gêner les astronomes : elle perturbe la faune nocturne (oiseaux migrateurs, insectes pollinisateurs, chauves-souris) et affecte le sommeil humain. En France, 85% de la population ne voit plus la Voie lactée depuis son lieu de vie.

Comment améliorer la situation ?

Si votre ciel est pollué, éloignez-vous d'au moins 20-30 km des grandes villes. Utilisez des cartes de pollution lumineuse comme lightpollutionmap.info pour trouver des zones sombres. Privilégiez les nuits sans Lune (nouvelle lune) et installez-vous à l'abri des lampadaires directs.

Et si le ciel se remplissait de satellites ?

Une nouvelle forme de pollution lumineuse, invisible le jour mais bien réelle la nuit : les constellations de satellites en orbite basse (Starlink, OneWeb, projet Kuiper d'Amazon…) traversent désormais les photos des astronomes.

Carte temps réel des satellites

Positions des satellites en orbite basse, recalculées toutes les 5 minutes depuis les données publiques NORAD/Celestrak.

Légende
Starlink (SpaceX)
OneWeb
Autres satellites actifs
~36 500
Débris spatiaux suivis

L'ESA estime à ~36 500 le nombre de débris de plus de 10 cm en orbite, sans compter les millions de fragments plus petits. Chaque collision en génère davantage, c'est le syndrome de Kessler.

~10 500
Satellites en orbite en 2019

Avant l'arrivée de Starlink : l'orbite basse restait un espace relativement dégagé.

>11 500
Satellites en orbite en 2024

En cinq ans, la population orbitale a bondi de +60 %, portée par les constellations commerciales.

~65 000
Satellites prévus à horizon 2030

Starlink (42 000), Kuiper (3 236), OneWeb et autres projets approuvés multiplient les lancements.

Données : Celestrak (NORAD, domaine public)

Sources : Union of Concerned Scientists (2024), ESA Space Debris Office, Celestrak/NORAD.

Pourquoi les satellites polluent-ils le ciel ?

Un satellite ne brille pas par lui-même : il réfléchit la lumière du Soleil vers la Terre. Au crépuscule et à l'aube, quand le Soleil éclaire encore l'orbite basse alors que la nuit est tombée au sol, des milliers de satellites deviennent visibles à l'œil nu. Sur une pose longue de quelques minutes, chacun trace un trait rectiligne à travers le cliché des astronomes.

Traces sur les images

Une seule pose de 30 secondes peut être traversée par plusieurs satellites. Sur les grands relevés astronomiques (Rubin Observatory, 30 s par pose), jusqu'à 30 % des images seraient affectées au crépuscule.

Satellites radio-brillants

À 10 GHz et au-delà (bandes observées par ALMA, SKA…), les satellites émettent un rayonnement parasite qui brouille les observations radioastronomiques, même quand ils ne sont pas dans le champ optique.

Risque de collision

Plus d'orbiteurs = plus de probabilité d'impact. Une seule collision brise des satellites en milliers de débris, qui peuvent à leur tour percuter d'autres engins. C'est le syndrome de Kessler.

Et les data centers dans tout ça ?

L'essor de l'IA et des data centers accélère la demande de bande passante et de calcul orbital (Edge computing, constellations « data relay »). Plus de centres terrestres = plus de liaisons satellite nécessaires = plus d'engins lancés. Le projet Kuiper d'Amazon (3 236 satellites) et les extensions Starlink (jusqu'à 42 000 unités) en sont les symptômes.

Que peut-on faire ?

  • Privilégier les observations en milieu de nuit, quand l'orbite basse est dans l'ombre terrestre.
  • Soutenir les efforts de mitigation (satellites plus sombres, occulteurs, masques logiciels) portés par la communauté astronomique.
  • Faire entendre la voix du ciel nocturne auprès des régulateurs (FCC, ITU) pour un orbite basse régulée.
Pose longue nocturne : les traces rectilignes de satellites Starlink se superposent à Vénus et aux Pléiades, ruinant la pureté du champ stellaire.
Traces de satellites sur une astrophotographie

Sur cette pose longue, les traces des satellites Starlink traversent Vénus et les amas des Pléiades, un ciel autrement vierge désormais rayé de bandes lumineuses.

Photo : T. Hansen/IAU OAE · CC BY 4.0 · 3e prix du concours IAU OAE 2021, catégorie Pollution lumineuse : Starlink devant les Pléiades.